Réformer le foncier pour transformer l’agriculture familiale.

La transformation des exploitations agricoles suppose une politique foncière qui permette d’accroître leur taille. Pour cela, il faut favoriser la sortie de l’agriculture des personnes qui ne peuvent en vivre même avec des activités et des revenus complémentaires.

Une politique foncière de grande ampleur, y compris une nouvelle législation foncière et la création d’institutions chargées de sa mise en œuvre est indispensable. Cette politique doit comporter des règles empêchant que les ruraux ne soient dépossédés de leurs terres par des investisseurs urbains disposant de capitaux et pouvant acheter les terres à des prix très bas. La création d’un marché foncier transparent et la mise en œuvre d’un droit de préemption pour les paysans au niveau sans doute de la communauté rurale sont aussi nécessaires.

Cette politique accélérera la sortie de l’agriculture d’un nombre de plus en plus important de paysans. Il n’est pas question ici de dire quelle devrait être la taille des exploitations, ni à quel rythme devraient se faire ces sorties. Ce sont des décisions à examiner soigneusement. Par contre, il est essentiel d’accompagner cette politique par des politiques d’appui à la création d’activités économiques et d’emplois en milieu rural, dans la mesure où tous ne pourront pas s’insérer en ville et y trouver une activité économique. Cette politique nécessite des moyens importants dans la mesure où à l’horizon de 10/15 ans, la majorité de la population rurale ne sera plus agriculteur ou pratiquera l’agriculture de façon secondaire. La politique prônée ci-dessus ne vise pas à obliger les petits paysans à quitter de gré ou de force la production agricole. Il ne s’agit pas non plus de réduire la population agricole à moins de 5 % de la population nationale comme l’ont fait les pays occidentaux. Il faut mettre en place les mécanismes leur permettant de choisir en connaissance de cause le meilleur avenir économique pour eux et leur famille. Compte tenu des perspectives de l’économie urbaine et des opportunités économiques en milieu rural, la majorité d’entre eux risque sans doute pour des raisons de sécurité alimentaire de choisir l’agriculture à mi-temps.

Ibrahima Seck

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